Le jeudi 24 septembre 2026, Akamai a annoncé un accord de 11,6 milliards de dollars sur sept ans avec Anthropic. C’est le plus gros contrat de l’histoire de l’entreprise, et il porte sur un coin de l’infrastructure IA qu’on regarde rarement : les CPU.

Le communiqué est explicite : le deal doit « soutenir la demande croissante de charges CPU d’Anthropic » en s’appuyant sur l’infrastructure distribuée et les logiciels d’Akamai Cloud. Pour donner l’échelle, TechCrunch rappelle qu’il s’agit de plus de six fois le précédent accord de 1,8 milliard $ signé entre les deux sociétés au mois de mai.

Pourquoi c’est important

Trois choses rendent l’annonce marquante.

  1. Le pari sur le CPU. Les gros titres parlent toujours de GPU. Mais la demande de CPU — les puces généralistes qui exécutent du code, font tourner un navigateur, orchestrent des tâches — grimpe à mesure que les agents IA prennent en charge des workflows complets. Akamai n’a pas précisé ce qu’Anthropic ferait de ces puces, mais l’orientation est claire.
  2. Un engagement qui n’a rien d’absolu. Selon le dépôt réglementaire d’Akamai, l’engagement dépend du respect, par Akamai, de certaines exigences de livraison et de disponibilité. Les deux parties peuvent y mettre fin sous conditions. Autrement dit : 11,6 milliards sur le papier, conditionnés à la performance.
  3. Un warrant inversé. Akamai a émis au profit d’Anthropic un warrant portant sur des actions préférentielles sans droit de vote, convertibles en 7,7 millions d’actions — jusqu’à environ 5 % du capital au prix de 111,33 $ par action. Environ 2 % devraient être acquis dès le premier paiement. Chaque 3 milliards $ supplémentaires débloquent ~1 %, ce qui pourrait porter la relation à près de 20 milliards $.

C’est le premier warrant attaché à un contrat cloud chez Akamai. Et il inverse le schéma classique des « circular AI deals » : ici, c’est le fournisseur qui offre une participation à son client, participation qui grandit avec les dépenses de ce dernier. C’est la même mécanique qu’AMD avec OpenAI l’an dernier.

Ce que ça change pour les devs et le web

  • La couche CPU redevient un centre de coût. Si vos agents enchaînent des appels d’outils, exécutent du code ou naviguent sur le web, votre facture se déplace vers le general-purpose. Optimiser le CPU sandbox et l’orchestration n’est plus un détail.
  • Une infra « edge-friendly ». Akamai vend un continuum de calcul du cœur au bord du réseau. Pour les workloads d’agents latence-sensibles, ça ouvre des architectures où l’exécution se rapproche de l’utilisateur.
  • La mémoire fait la loi. Akamai prévoit ~1,7 milliard $ de capex en plus en 2026, dont l’achat anticipé de composants comme la mémoire. Même signal côté devs : capacité et prix de la RAM restent le goulot d’étranglement.
  • Attendre la preuve, pas la promesse. Un engagement « non gravé dans le marbre » qui monte à 20 milliards, ça se juge sur les paiements réels : Akamai attend 150 à 300 millions $ en 2027 (à partir du S2), vers un rythme annualisé de ~1,7 milliard $ fin 2028.

Résultat immédiat côté marché : l’action Akamai a grimpé jusqu’à 17 % en after-hours.

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